À partir du 12 janvier jusqu’au 12 avril 2012, un changement majeur dans le système de noms de domaine va permettre aux entreprises et entités publiques de créer leurs propres extensions, telles que .music ou .brussels. Cette libéralisation vise à répondre à la demande croissante d’identité en ligne, en offrant une opportunité aux entités légales capables de prouver leur solidité financière et opérationnelle. Les secteurs réglementés, tels que la banque ou les jeux en ligne, ainsi que les grandes marques, pourront ainsi contrôler leur présence sur Internet de manière plus sécurisée et ciblée. L’objectif de l’ICANN est de moderniser une structure devenue obsolète, permettant ainsi aux pouvoirs publics, entreprises et investisseurs de gérer leur image en ligne plus efficacement. Les avantages sont multiples : les entreprises pourront créer des adresses e-mail sécurisées, protéger leur patrimoine intellectuel, et renforcer leur visibilité. Toutefois, ce processus n’est pas sans coût, avec des frais de candidature pouvant atteindre 500.000 euros. Les conflits potentiels concernant la propriété des nouveaux domaines seront résolus par des procédures d’objection, assurant une certaine régulation dans ce nouvel espace numérique. La période de candidature approche, et les premières extensions devraient être opérationnelles d’ici la fin de l’année 2012. Les entreprises doivent se préparer dès maintenant pour tirer parti de cette opportunité unique.
Jusqu’à ce jour, les entreprises et pouvoirs publics devaient enregistrer leur nom de domaine au sein d’un « premier niveau » qui était soit générique (.com, .net), soit géographique (.be, .fr). Le premier niveau proprement dit (le .be, .com, etc.) leur était fermé. Cela va changer : le système sera brièvement libéralisé entre le 12 janvier et le 12 avril 2012. Pendant cette période, quasiment n’importe quel terme pourra être enregistré : .music, .brussels, .mamarque, etc.
Qui peut se porter candidat ?
Seront seules admises les entités légales – publiques et privées – qui pourront démontrer qu’elles ont une solide capacité financière, opérationnelle et technique afin d’administrer un registre. Les entreprises qui évoluent dans un secteur règlementé sont évidemment des cibles de choix car elles pourront contrôler de bout en bout leur présence en ligne (banque, paiement, jeux en ligne, contenus adultes, etc.). Egalement, ceux qui contrôlent un large réseau de distribution en ligne, seront les grands bénéficiaires (marques automobiles, compagnies aériennes, etc.). Cette libéralisation n’est pas accessible aux particuliers.
Pourquoi l’ICANN ouvre-t-il le système ?
Le développement et l’utilisation croissante de l’internet ont raréfié certaines ressources et mis sur un pied d’égalité des profils pourtant très différents. Il devenait impératif de modifier en douceur la structure : les bons vieux noms de domaine que l’on peut enregistrer pour quelques euros demeurent, mais parallèlement on crée un système sur mesure pour ceux qui ont besoin d’une présence forte, mieux identifiée, plus sécurisée et mondiale.
Pour quoi faire ?
Tout dépend de la stratégie de celui sollicitera le nom mais, en résumé, il a y a quatre profils envisageables. (1) les pouvoirs publics qui voudront reprendre la maitrise de leur extension, que ce soit dans une perspective de soutien économique ou de tourisme (.brussels) ; (2) les sociétés qui souhaiteront repenser leur présence en ligne et leur architecture d’emails (Canon a annoncé vouloir le .canon) ; (3) les projets communautaires (.gay) ; (4) les investisseurs qui rentabiliseront une extension porteuse de sens pour en faire le nouveau point de référence sur ce sujet (.music ou .poker).
A quoi faut-il s’attendre ?
Presque n’importe quel terme va pouvoir être enregistré (peu importe la langue, y compris les signes non-latins). Du côté des entreprises et pouvoirs publics, cette libéralisation va engendrer d’importants changements dans la façon d’envisager leur stratégie de présence en ligne. Du côté des internautes, c’est la manière de chercher et accéder à l’information qui va changer. On touche ici à l’une des inconnues : comment les moteurs de recherche s’adapteront-ils ? Il semble impossible qu’ils n’en tiennent pas compte, ce qui révolutionnerait également la search engine optimization.
Avantages ?
Avoir sa propre extension va offrir plus de maitrise à son titulaire sur l’exploitation de sa marque et de son image sur internet, et va lui permettre de rationaliser sa politique de nommage selon une stratégie propre. Il contrôlera son réseau de distribution et supervisera l’activité de ses partenaires (qui pourra entrer dans son domaine ?). Cela contribuera à la dissémination de l’identité de son entreprise au sein de toutes ses filiales et employés.
En termes de visibilité et de marketing, cette présence universelle va renforcer la dimension mondiale. L’utilisation d’une adresse comportant le nom d’un produit ou service va créer un lien plus fort entre la marque et ses clients. De plus, faire partie des premiers à proposer son extension nominative mettra en lumière le dynamisme de l’entreprise, lui octroyant en outre un avantage concurrentiel vis-à-vis des concurrents.
La zone de nommage devient une zone sécurisée. Un autre avantage tient à la possibilité de gérer cette zone et de veiller au développement d’une extension unique. Cette extension permettra de générer des adresses mails, renforçant la sécurité des correspondances de l’entreprise. Enfin, le patrimoine intellectuel sera mieux protégé avec moins de risques liés aux situations de cyber squatting, phishing et pratiques similaires.
Combien cela va-t-il couter ?
Tout ceci a un prix. Il est conséquent. Outre les frais administratifs de dépôt de la candidature, estimés à 185.000 USD, il faudra organiser une équipe de lancement et de suivi. On estime le budget complet (frais administratifs compris) entre 350 et 500.000 euros selon la complexité du dossier et la nature du projet.
Les éventuels conflits ?
Qui aura le .mazda : le fabricant de voitures ou celui de piles et batteries ? il y a des procédure de résolution des conflits. Une procédure d’objection est prévue dans quatre cas : lorsque le domaine sollicité est identique ou similaire à un domaine existant ; lorsqu’il porte atteinte aux droits du titulaire de l’objection ; lorsque le domaine est contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, et lorsqu’il vise expressément ou implicitement une communauté.
Agenda ?
Le dépôt des candidatures se fera entre le 12 janvier et le 12 avril 2012. La préparation d’un dossier prend trois à quatre mois, donc il est temps de lancer le projet. On attend les premières extensions « live » pour la fin 2012.
Plus d’infos ?
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