Les réseaux sociaux ne protègent pas assez la vie privée des mineurs

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La commission européenne n’y a pas été par quatre chemins : seuls deux sites de socialisation (Bebo et MySpace) ont des paramètres par défaut qui prévoient que les profils des mineurs ne sont accessibles qu’aux personnes figurant sur leur liste approuvée et quatre sites seulement (Bebo, MySpace, Netlog et SchuelerVZ) garantissent par défaut que les mineurs ne peuvent être contactés que par leurs amis.

L’étude est importante en raison des enjeux : 77 % des internautes de 13-16 ans et 38 % des 9-12 ans se servent de ces sites, et ce chiffre progresse.

Ces résultats figurent dans un rapport qui vient d’être publié par la Commission sur la mise en œuvre des « principes de l’UE pour des réseaux sociaux plus sûrs », accord d’autoréglementation obtenu en 2009 grâce à l’entremise de la Commission et visant à garantir la sécurité en ligne des enfants.

Avec la possibilité d’« identifier » les personnes sur les photos, offerte par la plupart des réseaux sociaux, il est très facile de rechercher les photos d’une personne en ligne. Les jeunes peuvent être exposés à d’autres risques tels que le harcèlement et les sollicitations d’adultes à des fins sexuelles en ligne. Les enfants et les adolescents doivent disposer d’outils de sécurité appropriés pour gérer leur identité en ligne de manière responsable.

L’examen, réalisé entre décembre 2010 et janvier 2011, portait sur les quatorze sites suivants: Arto, Bebo, Facebook, Giovani.it, Hyves, Myspace, Nasza-klaza.pl, Netlog, One.lt, Rate.ee, SchülerVZ, IRC Galleria, Tuenti et Zap.lu. Neuf autres sites seront encore examinés cette année.

Le rapport a établi que:

–              treize sites sur quatorze donnent des informations, des conseils et/ou des contenus pédagogiques relatifs à la sécurité spécifiquement destinés aux mineurs (tous sauf Arto);

–              sur tous les sites qui fournissent aux mineurs des informations relatives à la sécurité, ces informations sont assez claires et adaptées à l’âge des utilisateurs et des progrès satisfaisants ont donc été accomplis depuis la première évaluation effectuée l’année dernière (voir IP/10/144).  Malheureusement, ces informations sont encore difficiles à trouver sur de nombreux sites;

–              Les mécanismes de signalement sont plus efficaces aujourd’hui qu’en 2010. Dix des quatorze sites examinés ont répondu à des demandes d’aide émanant d’utilisateurs, contre cinq sur quatorze en 2010. Dans la majorité des cas, ils ont mis moins d’une journée à répondre.

–              Neuf sites (Arto, Bebo, Facebook, Giovani, Hyves, Netlog, One, Rate et SchuelerVZ) fournissent des conditions d’utilisation faciles à comprendre pour les mineurs et/ou une version adaptée aux enfants des conditions d’utilisation ou du code de conduite;

–              Bebo, Facebook, Myspace, Nasza-Klasa, One, Rate et SchuelerVZ fournissent aux enfants et aux parents des informations relatives à la sécurité qui sont à la fois faciles à trouver et à comprendre.

Le rapport a en outre établi que:

–              Bebo et MySpace sont les seuls à garantir que les profils des mineurs ne sont accessibles, par défaut, qu’aux personnes figurant sur leur liste approuvée;

–              Bebo et MySpace sont les seuls à garantir par défaut que les mineurs ne peuvent être contactés que par les personnes figurant sur leur liste approuvée;

–              les dix autres sites examinés autorisent les «amis d’amis» (amis des personnes figurant dans leur liste approuvée n’ayant pas de relation directe avec l’utilisateur, c’est-à-dire des personnes potentiellement étrangères à leur cercle) et/ou les personnes ne faisant pas partie des amis à prendre contact avec les mineurs en leur envoyant des messages personnels et/ou en laissant des commentaires sur leurs profils publics (sur des photos ou des blogs, par exemple).

–              douze sites sur les quatorze (tous sauf Rate et Zap) font en sorte que les profils privés des mineurs ne puissent pas être trouvés par des moteurs de recherche externes tels que Google ou Yahoo!, alors qu’ils n’étaient que six en 2010; sur la plupart des sites, cependant, les utilisateurs ne faisant pas partie des amis peuvent trouver les profils des mineurs en utilisant les moteurs de recherche internes.

 Pour Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique, le résultat est inacceptable. Elle a déclaré: «Je suis déçue de constater que la plupart des sites de socialisation ne garantissent pas que les profils des mineurs sont, par défaut, uniquement accessibles aux personnes figurant sur leur liste approuvée. Je les inciterai vivement à prendre le ferme engagement de remédier à cette situation dans la version révisée de l’accord d’autoréglementation que nous sommes en train d’examiner. Il ne s’agit pas seulement de protéger les mineurs des contacts non sollicités mais aussi de protéger leur réputation en ligne. Les jeunes ne comprennent pas toutes les conséquences que peut avoir la divulgation en ligne de trop nombreux détails sur leur vie privée. L’éducation et la supervision parentale sont nécessaires, mais nous devons les renforcer par une protection supplémentaire jusqu’à ce que les jeunes soient en mesure de prendre des décisions en étant pleinement conscients des conséquences.»

Selon un sondage EUKidsOnline réalisé au début de l’année (voir IP/11/479), 56 % des 11-12 ans et 78 % des 15-16 ans déclarent qu’ils savent comment changer les paramètres de confidentialité de leur profil de réseau social.

(Source : commission européenne)

Droit & Technologies

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