La censure sur Internet n’est pas un phénomène nouveau, et plusieurs gouvernements à travers le monde en font usage pour contrôler l’information. La Chine illustre parfaitement cette réalité, où des événements majeurs comme la révolte de Tiananmen sont effacés de la mémoire collective grâce à un système de filtrage rigoureux. Google a tenté de libéraliser l’accès à l’information en 2010, mais a rapidement dû revenir en arrière face à la réaction négative de Pékin. D’autres pays, tels que la Turquie, ont également exercé un contrôle strict sur les médias d’opposition, allant jusqu’à des interventions violentes pour faire taire dissidents et journalistes. Récemment, la Russie a introduit une nouvelle forme de censure, en bloquant des sites pornographiques, sous prétexte de préserver la démographie nationale. Ce raisonnement, soutenu par des décisions judiciaires, vise à encourager les citoyens à privilégier les rencontres réelles plutôt que virtuelles. La censure ne se limite donc pas qu’à la politique, mais s’étend aussi à des contenus jugés immoraux ou nuisibles selon les normes sociétales de chaque pays. Dans ce contexte, la question se pose : à quel point la liberté d’expression est-elle menacée par ces politiques de contrôle, et quelles en sont les conséquences pour la société ? La lutte pour un Internet libre reste un défi majeur à l’échelle mondiale.
La politique
Les gouvernements qui bloquent des sites, ce n’est pas une première.
Habituellement, c’est l’information politique qui est mise sous contrôle.
La Chine en est un exemple. La révolte de la place Tiananmen n’a jamais existé. La révolte du Tibet non plus. Toutes ces informations ne sont pas accessibles pour les internautes chinois, sauf à recourir à des techniques relativement sophistiquées de contournement des filtrages mis en place par le pouvoir.
On se souvient, en 2010, qu’après avoir gentiment collaboré avec le gouvernement chinois pendant quatre ans, Google avait été décidé de libéraliser les recherches. Le gouvernement chinois avait très peu apprécié, et le ton était monté entre Washington et Pékin. Depuis lors, un modus vivendi a été trouvé et les chinois vivent à nouveau avec un Internet sous contrôle.
On se souvient aussi, plus récemment, de la reprise en main par le gouvernement turc des contenus offline et online des quotidiens d’opposition. Le 4 mars 2016 l’édition turque de Zaman était mise sous tutelle judiciaire, à la demande du gouvernement. Devant les TV internationales médusées, la police chargeait les manifestants enchainés devant l’immeuble de la rédaction et s’emparait du journal. Dire que c’était avant le coup d’Etat …
La pornographie interdite
Parfois, ce sont des contenus non-politiques qui sont visés.
La pornographie par exemple, est interdite dans un certain nombre de pays, notamment du côté du golfe persique. Il n’est pas rare que les autorités locales demandent aux fournisseurs d’accès de filtrer le contenu pour adultes, avec plus ou moins de sévérité selon les Etats.
L’interdiction russe
La Russie vient d’inventer un nouveau concept : l’interdiction de certains sites pornographiques parce que la masturbation devant l’écran nuirait gravement à la démographie nationale, pas très vigoureuse il est vrai.
L’agence gouvernementale de surveillance des télécommunications, Roskomnadzor, a demandé aux fournisseurs d’accès à Internet de bloquer Pornhub et Youponr – leaders mondiaux – sur le territoire russe après des décisions de deux tribunaux.
Ce n’est donc pas la protection de l’enfance qui est invoquée, comme ce fut le cas en 2015 en Russie toujours. Cette fois, c’est une décision politique, validée par les tribunaux et reposant sur la loi relative à la pornographie, consistant à inciter les gens à se détourner de la pornographie en ligne pour « rencontrer quelqu’un dans la vraie vie » et contribuer à l’effort national de repeuplement.
À quand la Légion d’honneur pour ceux qui ont trois enfants ou plus ?
Mao, un autre pionnier de la démographie contrôlée, doit bien rigoler là-haut.
Vous avez besoin d'un avis personnalisé
ou d'une aide juridique ?