Le .africa est ouvert. Titulaires de marques, ne trainez pas !

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Le continent africain franchit aujourd’hui une nouvelle étape dans ses efforts pour devenir un acteur incontournable de la société de l’information. Après avoir investi considérablement dans les infrastructures de téléphonie mobile, et permis de la sorte le développement de nombreux services numériques, l’Afrique achève de compléter le schéma avec une extension gTLD qui lui est propre : le .africa.

Le précédent européen

Celles et ceux qui ont vécu la création du .eu se souviennent de la difficulté politique et technique liée à la création et la mise en route d’une extension géographique qui ne correspond pas à un pays déterminé, mais se base néanmoins sur une notion territoriale.

L’Afrique a décidé d’emboîter le pas : elle s’est lancée dans la longue croisade consistant à convaincre les autorités de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), un organisme privé largement dominé par les Etats-Unis, du bien-fondé de sa demande.

Au niveau européen, le Règlement n° 733/2002 du Parlement européen et du Conseil du 22 avril 2002 est le texte fondateur du « .eu » ; il traduit parfaitement bien la volonté politique dans son considérant 6, qui dispose que : « Grâce au TLD.EU, le marché intérieur devrait acquérir une visibilité accrue sur le marché virtuel fondée sur l’internet. Le TLD.EU devrait établir un lien clairement identifié avec la Communauté, le cadre juridique qui y est associé et le marché européen. Il devrait permettre aux entreprises, aux organisations et aux personnes physiques dans la Communauté de s’enregistrer dans un domaine spécifique qui rendra ce lien évident. Le TLD.EU en tant que tel ne sera pas seulement une pièce maitresse du commerce électronique en Europe, mais il contribuera également à la réalisation des objectifs de l’article 14 du traité. »

L’idée est la même pour le .africa : créer un lien clair et identifié avec le continent africain, son cadre juridique, ses populations et ses territoires dans le but de stimuler le développement de la société de l’information.

Un continent qui attend son heure

L’Internet est une formidable opportunité pour l’Afrique.

Pour être précis on devrait préciser : l’Internet mobile.

Le continent africain a longtemps souffert d’un problème d’infrastructure très basique. Amener l’internet rapide dans les villages reculés n’est pas chose aisée. Assurer la maintenance d’un réseau physique dans un environnement parfois hostile relève de la gageure et coûte une fortune. Quand on sait à quel point il est difficile pour une entreprise de développer 15 km de fibre optique en environnement semi-urbain, on imagine sans peine ce que cela représente de le faire sur 1500 km à travers une nature difficile.

C’est ce qui a permis à des opérateurs très particuliers de rencontrer un vif succès : l’accès satellitaire est loin d’être rare en Afrique. Dans certains secteurs, comme la santé, les mines ou les transports, c’est même l’accès de base au réseau Internet. L’accès satellitaire fonctionne bien, mais il a un défaut de taille : il coûte cher pour l’utilisateur. Il est donc inenvisageable d’étendre cette technologie d’accès à l’ensemble de la population.

Puis, l’Internet mobile est arrivé. Ce fut une véritable révolution. Les opérateurs ont compris tout l’intérêt d’investir sur le continent africain. Moyennant un investissement beaucoup plus raisonnable, il est possible de connecter le continent. En Afrique comme ailleurs, même dans les coins les plus reculés, les gens utilisent désormais un smartphone connecté à l’Internet.

Résultat : la société de l’information s’y développe à vitesse grand V. Le monde bancaire en est un parfait exemple. Grâce à l’Internet mobile, le taux de bancarisation des populations a cru d’une façon extraordinaire. Avec une population nombreuse et un niveau d’éducation qui augmente chaque année, l’Afrique est considérée comme un terrain stratégique pour la société de l’information.

Il restait à créer une extension qui marque l’appartenance au continent. C’est désormais chose faite avec le .africa.

Le .africa

L’ICANN a délégué le registre du .africa à la société ZA Central Registry NPC.

L’histoire retiendra que cette attribution n’a pas été simple, la justice (américaine) ayant dû s’en mêler. Le 9 février dernier, une cour supérieure californienne mettait un terme aux critiques et validait les choix de l’ICANN.

Depuis lors, les choses n’ont pas traîné et le domaine est dorénavant accessible, à tout le moins pour les titulaires de marques.

Une ouverture par phases

En principe, les noms de domaine sont attribués selon la règle du « premier arrivé premier servi ».

Et c’est de cette manière que le .africa fonctionnera à terme.

Dans l’intervalle, le registre africain a décidé, comme ce fut le cas lors du lancement du .eu, d’ouvrir le domaine par phases. L’idée est d’éviter un encombrement au départ, et de privilégier un certain nombre d’acteurs qui pourraient autrement vite se retrouver rançonnées par des personnes peu scrupuleuses.

Sont essentiellement visés : les titulaires de marques, les noms de sociétés et les dénominations commerciales. A partir de ce jour, 6 avril 2017 et pendant 60 jours, ces titulaires spécifiques disposent d’un droit de priorité. Au sein de ceux-ci, une hiérarchie a été créée, notamment au bénéfice des titulaires d’une marque enregistrée en Afrique.

Ensuite, début juin, une montée en charge également progressive aura lieu (Early Access Phase).

Enfin, à partir du 4 juillet, le domaine sera accessible à tout le monde, sur la base du principe « premier arrivé premier servi ».

 

Droit & Technologies

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