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Un site d’informations peut-il ruiner une compagnie aérienne ? Oui, c’est possible !

Une récente confusion dans le secteur aéronautique a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers. Tout a commencé avec une annonce erronée d’une agence de presse selon laquelle UAL, l’une des grandes compagnies aériennes américaines, aurait demandé une protection sous le chapitre 11 de la loi, une procédure souvent associée à la faillite. Dans un contexte déjà tendu, cette nouvelle a entraîné une chute vertigineuse de deux tiers de la valeur boursière de la compagnie, avant que la cotation ne soit suspendue, laissant le monde financier en émoi. Rapidement, UAL a démenti cette information, précisant que la demande de protection remontait à 2002, après les attentats du 11 septembre, mais qu’elle avait depuis redressé sa situation. Comment une telle méprise a-t-elle pu se produire ? Un internaute, en consultant un ancien article sur le site du Sun Sentinel, a relancé une dépêche datant de deux décennies, qui a ensuite été repérée par Google News et diffusée sans vérification. Ce phénomène illustre parfaitement l’effet papillon : un simple clic a engendré des conséquences dévastatrices. Les conséquences financières sont lourdes, et les actionnaires lésés se préparent à réclamer des réparations. Alors, qui est réellement responsable de ce fiasco médiatique ? Une question qui pourrait bien faire l’objet de débats longs et animés dans les mois à venir.

En début de semaine, le monde aéronautique est secoué par une nouvelle alarmante : dans un contexte survolté causé par la proximité de la date-anniversaire des événements du 11 septembre, une agence de presse l’annonce : UAL, l’une des plus grandes compagnies aériennes américaines, demande la protection du chapitre 11 de la loi. En gros, l’on peut comparer cela à une mise sous concordat qui rime malheureusement souvent avec faillite prochaine.

Le monde financier, lui aussi soumis à rude épreuve depuis un an, se met en branle : Vendez ! Vendez !

En quelques minutes (!), le cours de bourse s’effondre et perd deux tiers de sa valeur. Les autorités boursières réagissent aussitôt et suspendent la cotation mais c’est trop tard, le mal est fait.

Vient alors (seulement, oserait-on écrire …), le temps de la réflexion : comment personne n’a-t-il vu le vent venir ?

Et chacun de se retourner vers l’agence de presse, pressée de fournir plus de détail.

C’est là que l’on découvre le pot aux roses : la compagnie nie, se défend, menace l’agence de presse. Elle n’a jamais demandé la protection du chapitre 11.

L’on sait aujourd’hui que l’information était bel et bien véridique … mais ancienne ! Il est vrai qu’en 2002, aux lendemains des attentats, la compagnie avait en effet demandé la protection du chapitre 11, mais elle en est sortie depuis lors.

Comment cela a-t-il été possible ? La planète internet croit avoir trouvé la solution :

 

  • Un brave internaute américain, mangeant son sandwiche, surfe sur le site de son journal favori (le Sun Sentinel, émanation du Chicago Tribunes).

 

  • Il y lit le vieux communiqué, émis en 2002, annonçant à l’époque la demande de protection du chapitre 11.

 

  • Il passe à autre chose, sans savoir que comme il y a peu de lecteurs à ce moment, sa consultation de l’article pèse lourd dans les statistiques de fréquentation tenue en temps réel, de sorte que le moteur du site du Sun Sentinel fait automatiquement passer la dépêche dans les « most read news » et l’affiche en Une !

 

  • En quelques secondes, Google News passe par là et avale l’information figurant en Une.

 

  • Google News l’affiche sur son propre site, et c’est là qu’un préposé de l’agence de presse découvre l’info et se dit « C’est de la bombe ! Je la diffuse avant tout le monde ».

 

Une magnifique illustration de l’effet papillon : un battement d’aile de papillon à l’autre bout du monde peut provoquer une tornade ici.

Tout le monde se renvoie évidemment la balle : le journal accuse Google, qui répond que l’info n’était pas datée ou alors pas clairement, pendant que l’agence de presse jure que la prochaine fois elle veillera à croiser ses sources.

Il reste que des sommes phénoménales sont parties en fumée, et que plusieurs actionnaires lésés entendent bien obtenir réparation.

Qui est responsable ? Ce pourrait être une question d’examen…

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