La Belgique a (enfin) un plan stratégique pour l’intelligence artificielle

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Sous l’impulsion des deux ministres de l’agenda numérique (MM. A. De Croo et Ph. De Backer), un nouveau think tank a vu le jour : AI4Belgium. Il s’agit de fédérer les bonnes volontés afin de promouvoir les projets relatifs à l’intelligence artificielle. De l’éducation au lancement de start-up et leur financement, la feuille de route se veut ambitieuse.

La coalition AI4Belgium regroupe actuellement des représentants de certains ministères très impactés, la société civile, des universités, des acteurs privés, etc.

L’initiative vient de voir le jour et la liste des membres est incomplète. Il nous semble qu’il manque du monde : si l’enseignement supérieur est bien représenté, le primaire et le secondaire sont absents. Où sont les journalistes et le monde des médias ? On ne voit pas de représentant du capital-risk ni des sources de financement (autres que les banques). Belgique oblige, il faudra le soutien des entités fédérées si l’on veut que le plan voit le jour. Enfin, si le monde des grosses entreprises est bien présent, les classes moyennes (indépendants et petites PME) devraient aussi être autour de la table.

La coalition AI4Belgium peut être rejointe par tous ceux qui souhaitent contribuer à la réflexion.

Objectifs ?

Mettre l’intelligence artificielle et ses implications au sommet de l’agenda politique (fédéral et régional) en Belgique. Plus concrètement, inciter les dirigeants politiques à faire de l’IA et de ses implications une des priorités du prochain gouvernement, à côté d’autres initiatives en cours.

Inspirer le débat public sur les mesures à prendre. Accompagner le public pour comprendre les implications de l’IA et son importance sur nos propres vies et celle de nos enfants.

Encourager le développement et le déploiement de l’IA orienté humain.

Fournir une première version d’une stratégie belge générale sur l’intelligence artificielle en alignant les parties prenantes dans l’écosystème plus large.

Intelligence artificielle ?

Pour les promoteurs de l’initiative, l’intelligence artificielle englobe l’ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l’intelligence humaine (raisonnement, apprentissage…).

Elle désigne donc les systèmes qui font preuve d’un comportement intelligent en analysant leur environnement et en prenant des mesures –avec un certain degré d’autonomie –pour atteindre des objectifs spécifiques.

Ces systèmes peuvent être purement logiciels, agissant dans le monde virtuel (assistants vocaux (comme Alexa de Amazon ou Siri de Apple), logiciels d’analyse d’images, moteurs de recherche ou systèmes de reconnaissance vocale et faciale, par exemple). Mais l’intelligence artificielle peut aussi être intégrée dans des dispositifs matériels (robots évolués, voitures autonomes, drones, par exemple). Quelques exemples sont : la sélection des messages sur votre mur Facebook en fonction de vos préférences, les voitures autonomes, la détection de cancers sur des images médicales, la reconnaissance vocale, etc.

Les recommandations

Redéfinir un pacte pour l’éducation

La technologie et l’IA transforment la société et notre marché du travail. Nous n’avons actuellement ni la masse critique ni les outils nécessaires pour soutenir cette transition, et nos écoles ne préparent pas les prochaines générations pour le XXIe siècle. C’est la raison pour laquelle nous proposons un nouveau pacte pour l’éducation, un programme universel de développement des compétences pour les adultes et davantage de compétences numériques – et humaines – pour nos jeunes.

Développer une stratégie de données responsables

La confiance est la pierre angulaire de toute transformation. Nous croyons en la nécessité d’un cadre juridique solide et actualisé, de principes éthiques et d’une plus grande transparence. De plus, les données sont l’énergie qui alimentera la quatrième révolution industrielle. Mais les données restent souvent inaccessibles. Nous devons bâtir un écosystème de données qui facilite un partage plus responsable des données grâce à des politiques open-data renforcées, davantage de collaborations et une plateforme d’échange dotée d’outils et d’approches bien structurés.

Soutenir l’adoption de l’IA par le secteur privé

Il peut être difficile pour les entreprises, en particulier les PME, de commencer à travailler avec l’IA. Cela peut être perçue comme complexe, les entreprises peuvent manquer de ressources internes et l’approche itérative peut être trop coûteuse. Nous proposons donc de démystifier l’IA par une approche lighthouse (programmes de formation, événements d’envergure et projets à impact social). Deuxièmement, nous croyons en une collaboration et une accessibilité accrue à l’IA par un hub national d’IA. Enfin, nous devons faciliter l’expérimentation.

Innover et diffuser

Nous avons des chercheurs de renommée mondiale, mais notre recherche n’a pas la masse critique nécessaire. De plus, nous n’avons pas encore réussi à développer, à attirer et à retenir suffisamment de talents en IA. Enfin, il est difficile pour les jeunes entreprises innovantes de se développer au-delà des premières étapes. C’est pourquoi nous proposons de faire de la Belgique le laboratoire d’IA de l’Europe par le biais de « sandboxes » et d’une collaboration à grande échelle au sein du monde universitaire, bénéficiant de la transposition belge du RGPD. Ensuite, nous recommandons de créer davantage de programmes de formation liés à l’IA, de mettre davantage l’accent sur les applications pratiques et plus de migration sélective. Enfin, nous vous proposons de soutenir la croissance de nos sociétés IA par le biais d’un fonds d’investissement et en différenciant notre expertise.

Améliorer les services publics et stimuler l’écosystème

Trop peu d’organisations publiques expérimentent actuellement avec l’IA. Premièrement, nous proposons que les institutions publiques repensent leur propre rôle et évoluent vers une plateforme organisant l’écosystème. Deuxièmement, nous devons donner aux institutions publiques les outils nécessaires pour expérimenter, tels qu’un rolling fund et des marchés publics plus favorables à l’innovation. Enfin, nous préconisons la création d’un poste de Chief Digital Officer pour organiser les transformations internes et lancer des projets transversaux d’envergure.

L’ambition

Quelques principes pour assurer une mise en œuvre durable : assurer la confiance continue du public, une approche européenne, une collaboration entre toutes les parties prenantes, une approche menée par l’écosystème, des accents forts (tels que la santé et les sciences de la vie) et, enfin, oser être audacieux. Cela nécessitera un investissement d’au moins 1 milliard d’euros d’ici 2030.

Plus d’infos ?

Télécharger en annexe :

  • Étude sur la perception de l’IA dans la population
  • Plan proposé par AI4Belgium.
Droit & Technologies

Annexes

Recommandations de AI4Belgium

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Sondage : la perception de l’IA

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