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Google défie la Chine. Les Etats-Unis s’en mêlent. La tension monte.

Quatre ans après avoir été autorisé à opérer en Chine avec des restrictions imposées par le gouvernement, Google a décidé de lever toutes les limitations sur son site Google.cn. Cette décision, prise en janvier, s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la multinationale américaine et les autorités chinoises. Ces dernières avaient exigé un contrôle strict des résultats de recherche, afin de préserver la population locale d’idées jugées subversives, telles que les événements de Tian’anmen ou les manifestations pour les droits de l’Homme. Malgré les critiques internationales et les accusations de complicité, Google avait initialement accepté ces conditions pour pénétrer un marché d’un milliard d’habitants. Cependant, face à des attaques informatiques récurrentes et à une rentabilité décevante de ses opérations en Chine, l’entreprise a opté pour une politique plus libre. Ce revirement a provoqué la colère des autorités chinoises, qui ont exprimé leur volonté de discuter pour mieux comprendre cette décision. Cette situation profite à Baidu, le moteur de recherche chinois, qui se renforce en tant que leader du marché. Le soutien international à Google, y compris de figures politiques comme Hillary Clinton, souligne les enjeux de liberté d’expression en Chine, mais cette dynamique pourrait également exacerber les tensions entre Washington et Pékin. En somme, l’avenir de Google en Chine reste incertain, tandis que Baidu se frotte les mains.

Il y a quatre ans, Google a été autorisé à proposer ses services aux internautes chinois. Le gouvernement y avait mis une condition : il voulait contrôler le résultat affiché des requêtes, sur la base de critères décidés unilatéralement par les autorités. Le but était assez clairement politique : ne pas ‘contaminer’ la population locale avec des idées occidentales considérées comme subversives ; pour cela, rien de plus facile que limiter ce que l’on peut lire sur le web. 

En application de ceci, lorsqu’une requête est effectuée en Chine sur le mot-clé Tian’anmen, le chinois aura beau surfer des heures sur Google.cn, il ne verra nulle trace des terribles évènements qui ont secoué la célèbre place il y a une dizaine d’années. 

De la même manière, aucun chinois n’a vu les innombrables manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique au nom des droits de l’Homme. 

Pareillement, la révolte au Tibet « n’existe pas » : il est impossible depuis la Chine de trouver sur le net quelque article que ce soit qui la mentionnerait. 

A l’époque, Google avait accepté du bout des doigts ces limitations imposées par le gouvernement chinois, estimant que c’était le prix à payer pour pénétrer ce marché d’un milliard d’habitants qui compte près de 400 millions d’utilisateurs du réseau. 

Le reste du monde avait critiqué Google à l’époque, taxant le site américain d’adjectifs peu flatteurs comme « site collabo ». 

Petit à petit, le gouvernement chinois à resserré son étau. Il a même fait de Yahoo (éternel rival de Google) un martyr : en 2005, la société a été forcée de collaborer pour identifier et retrouver des dissidents et permettre leur condamnation. Yahoo a dû répondre de cette collaboration devant le Congrès américain qui a très peu apprécié ce rôle d’auxiliaire de justice, surtout dans une affaire mettant aussi ouvertement en cause la liberté d’expression. 

Depuis mi-janvier, Google a décidé de lever toutes les restrictions sur son site Google.cn, provocant la colère des autorités chinoises qui refusent toutefois de faire monter les enchères. 

Google prend argument d’attaques informatiques subies par son système depuis la Chine. 

En coulisses, on cache à peine qu’en réalité le site américain en a plus qu’assez de brider les recherches des internautes chinois, d’autant que la Chine ne serait finalement pas aussi rentable que cela. Ce n’est en effet pas un hasard si au même moment, la société américaine rappelle que ses revenus chinois sont inférieurs à 1 milliard de dollars, c’est-à-dire relativement peu de chose par rapport aux 25 milliards approximativement générés en 2009. 

Officiellement, le gouvernement chinois refuse l’escalade et entend discuter avec Google pour mieux comprendre sa décision. 

Toujours est-il que la décision de Google, habillée de considérations ‘droit-de-l’hommistes’, est applaudie un peu partout, y compris par Mme Clinton, Secrétaire d’Etat américain.

Et là, par contre, la Chine se cabre, appréciant peu la récupération politique qui sous-entend en termes à peine voilés qu’elle n’est pas une démocratie respectueuse de la liberté d’expression. 

Il y a un gagnant à tout cela : Baidu, le géant local purement chinois, largement leader du marché qui se réjouit de voir Google éventuellement disparaitre de l’Empire du Milieu. 

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