Google défie la Chine. Les Etats-Unis s’en mêlent. La tension monte.

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Depuis ce 13 janvier, Google ne censure plus le résultat des recherches effectuées par les chinois, en Chine, lorsqu’ils passent par Google.cn. Les chinois voient donc l’internet (et donc le monde) tel que nous le voyons, et non plus tel que le gouvernement chinois le souhaite. Une provocation qui pourrait signifier le départ de Google de ce marché gigantesque.

Il y a quatre ans, Google a été autorisé à proposer ses services aux internautes chinois. Le gouvernement y avait mis une condition : il voulait contrôler le résultat affiché des requêtes, sur la base de critères décidés unilatéralement par les autorités. Le but était assez clairement politique : ne pas ‘contaminer’ la population locale avec des idées occidentales considérées comme subversives ; pour cela, rien de plus facile que limiter ce que l’on peut lire sur le web. 

En application de ceci, lorsqu’une requête est effectuée en Chine sur le mot-clé Tian’anmen, le chinois aura beau surfer des heures sur Google.cn, il ne verra nulle trace des terribles évènements qui ont secoué la célèbre place il y a une dizaine d’années. 

De la même manière, aucun chinois n’a vu les innombrables manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique au nom des droits de l’Homme. 

Pareillement, la révolte au Tibet « n’existe pas » : il est impossible depuis la Chine de trouver sur le net quelque article que ce soit qui la mentionnerait. 

A l’époque, Google avait accepté du bout des doigts ces limitations imposées par le gouvernement chinois, estimant que c’était le prix à payer pour pénétrer ce marché d’un milliard d’habitants qui compte près de 400 millions d’utilisateurs du réseau. 

Le reste du monde avait critiqué Google à l’époque, taxant le site américain d’adjectifs peu flatteurs comme « site collabo ». 

Petit à petit, le gouvernement chinois à resserré son étau. Il a même fait de Yahoo (éternel rival de Google) un martyr : en 2005, la société a été forcée de collaborer pour identifier et retrouver des dissidents et permettre leur condamnation. Yahoo a dû répondre de cette collaboration devant le Congrès américain qui a très peu apprécié ce rôle d’auxiliaire de justice, surtout dans une affaire mettant aussi ouvertement en cause la liberté d’expression. 

Depuis mi-janvier, Google a décidé de lever toutes les restrictions sur son site Google.cn, provocant la colère des autorités chinoises qui refusent toutefois de faire monter les enchères. 

Google prend argument d’attaques informatiques subies par son système depuis la Chine. 

En coulisses, on cache à peine qu’en réalité le site américain en a plus qu’assez de brider les recherches des internautes chinois, d’autant que la Chine ne serait finalement pas aussi rentable que cela. Ce n’est en effet pas un hasard si au même moment, la société américaine rappelle que ses revenus chinois sont inférieurs à 1 milliard de dollars, c’est-à-dire relativement peu de chose par rapport aux 25 milliards approximativement générés en 2009. 

Officiellement, le gouvernement chinois refuse l’escalade et entend discuter avec Google pour mieux comprendre sa décision. 

Toujours est-il que la décision de Google, habillée de considérations ‘droit-de-l’hommistes’, est applaudie un peu partout, y compris par Mme Clinton, Secrétaire d’Etat américain.

Et là, par contre, la Chine se cabre, appréciant peu la récupération politique qui sous-entend en termes à peine voilés qu’elle n’est pas une démocratie respectueuse de la liberté d’expression. 

Il y a un gagnant à tout cela : Baidu, le géant local purement chinois, largement leader du marché qui se réjouit de voir Google éventuellement disparaitre de l’Empire du Milieu. 

Droit & Technologies

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