La marée noire qui frappe la Louisiane met en lumière l’utilisation stratégique de l’internet par BP pour gérer sa communication de crise. Soucieuse de préserver son image, la multinationale a investi dans l’achat de mots-clés tels que « oil spill » sur des moteurs de recherche comme Google, afin de rediriger les internautes vers des informations contrôlées sur son site officiel. Ce dernier, aux couleurs apaisantes, présente une version optimiste de la catastrophe et des efforts pour y remédier. Cependant, cette stratégie suscite de vives critiques. Écologistes et journalistes dénoncent une tentative de museler la critique et de diffuser une information biaisée, au service d’une entreprise sous le feu des reproches. Bien que la démarche ne soit pas illégale, la confusion entre liens sponsorisés et contenus organiques soulève des questions éthiques. En parallèle, BP multiplie les canaux de communication, avec une chaîne YouTube, une page Facebook et un compte Twitter, alimentés en temps réel pour contrôler le discours public. Cette situation a également attiré l’attention du président Obama, qui s’est dit choqué par les 50 millions de dollars dépensés par BP pour des publicités vantant ses initiatives citoyennes. Pour l’heure, la stratégie semble concentrée sur le marché américain, laissant l’Europe en dehors du dispositif. La gestion de cette crise illustre les défis de la communication moderne face à une opinion publique vigilante.
La marée noire qui sévit au large des cotes de Louisiane montre à nouveau combien l’internet est au centre des stratégies de communication de crise. Soucieuse de préserver ce qui peut l’être au niveau de son image, BP ferait de gros effort pour contrôler les recherches sur les moteurs de recherches aux USA. La presse américaine se déchaine.
Pour cela, BP aurait acheté divers mot-clés, dont "oil spill" (que l’on pourrait traduire par "mare noire") auprès de divers moteurs de recherches, dont Google.
Le but : rediriger les internautes vers de l’information contrôlée par BP, à commencer par son site web dans les tons vert et blanc sur lequel un logo rouge vif qui se voit comme le nez au milieu de la figure, invite le visiteur à consulter la version officielle de la catastrophe et des tentatives pour stopper la catastrophe écologique.
BP reconnait les faits et plaide la bonne foi : le but est d’aider les gens à trouver de l’information pertinente.
« Pas du tout ! » crient les opposants, écologistes et journalistes en tête, pour qui le but est tout simplement de museler la critique, donner une information lénifiante, et empêcher les organisations et les organes de presse de faire leur métier d’information. Bref, une information contrôlée par celui qui est au centre des critiques mais qui est aussi le plus riche au point d’acheter la vérité.
La pratique interpelle sur le plan déontologique. Elle ne semble pas illégale pour autant, les liens sponsorisés étant clairement indiqués comme tel sur les moteurs.
Toutefois, l’ampleur de la campagne est telle que plusieurs observateurs en viennent à affirmer que le public ne voit plus ce qui relève du lien sponsorisé ou de l’indexation naturelle. Ils soulignent aussi que cette confusion est alimentée par les autres canaux de communication récemment ouverts par BP. La multinationale a ainsi ouvert une chaine YouTube, un FlickR pool, une page Facebook et un compte Tweeter, qu’elle abreuve d’information quasiment en temps réel.
Ceci n’est pas sans rappeler la critique du président Obama qui s’est dit choqué de voir BP dépenser US$ 50 million pour des spots télévisés vantant son implication citoyenne.
Pour l’instant, l’Europe est épargnée, la société ayant apparemment concentré ses efforts sur les visiteurs américains des moteurs de recherche.
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