La copie illégale dans les domaines de la musique, du cinéma, de la télévision et du livre a des conséquences économiques alarmantes. En 2007, elle a engendré une perte directe de 1,2 milliard d’euros, entraînant la destruction de 5 000 emplois dans ces secteurs. Cependant, l’impact ne s’arrête pas là. En tenant compte des effets indirects sur les fournisseurs et des emplois induits, le total des pertes pourrait atteindre 10 000 emplois. Ce chiffre pourrait même n’être qu’un préambule à des pertes encore plus importantes. La croissance de l’accès à Internet en France, saluée par le prix Nobel d’économie Paul Krugman, pose un risque majeur : l’augmentation de la consommation de contenus piratés pourrait fragiliser davantage l’économie des contenus. Alors que le pays se dirige vers une transition numérique, il est essentiel de protéger l’industrie créative. Les acteurs de cette économie doivent être soutenus par des modèles innovants qui garantissent une juste rémunération des droits de propriété intellectuelle. La situation est critique : sans action, d’ici 2012, jusqu’à 10 000 emplois supplémentaires pourraient disparaître. L’enjeu est donc de taille : il s’agit de préserver non seulement l’économie des contenus, mais aussi les emplois qui en dépendent, en adaptant le cadre légal aux réalités du numérique. Un équilibre doit être trouvé pour encourager la création tout en luttant contre le piratage.
Quatre domaines ont été étudiés : la musique, le cinéma, la télévision, le livre. Il ressort que la copie illégale a un impact direct négatif de l’ordre de 1,2 milliard d’euros au cours de la seule dernière année (2007) sur l’activité des quatre domaines d’activité couverts, cela a induit une destruction nette de 5000 emplois directs.
Pour prendre la pleine mesure économique du phénomène, il convient d’évaluer les effets indirects (impacts sur les fournisseurs) et induits (diffusion des revenus). Les enquêtes et études économétriques disponibles indiquent qu’un emploi direct dans les activités étudiées soutient en moyenne la création d’un autre emploi dans le reste de l’économie.
Il s’avère ainsi que « l’empreinte » économique en France de la copie illégale peut être estimée à une perte de 10 000 emplois. Et ce montant d’emplois détruits pourrait n’être qu’un « palier » intermédiaire. A mesure de la progression (souhaitable) de la pénétration d’Internet dans les foyers, la base des internautes s’adonnant à la copie illégale se trouvera élargie. Le Nobel d’économie 2008, Paul Krugman a vanté le haut débit français dans une tribune du New York Times, saluant le modèle de la « French connection » : le risque est que cette dynamique s’appuie sur une érosion de l’économie des contenus.
L’enjeu est donc clair : pour éviter que 10 000 autres emplois soient à nouveau détruits d’ici à 2012, au moment de l’avènement de la « France numérique », il est indispensable de laisser davantage d’espace économique à de nouveaux modèles innovants en garantissant une rémunération des droits de propriété intellectuelle.
Annexes
Rapport impact économique du piratage
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