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Réglementation de la voix sur IP : le Conseil de la concurrence est pour, l’Europe est contre

La technologie VoIP, ou « Voice over Internet Protocol », révolutionne la communication en permettant des appels téléphoniques via des réseaux numériques. Bien qu’elle comptabilise seulement 220 000 utilisateurs en France en 2005, son adoption est en pleine progression, soulevant des questions cruciales sur sa réglementation. Alors que l’Autorité de régulation des Télécommunications (ART) estimait que la VoIP ne devait pas être soumise aux mêmes exigences que la téléphonie fixe, le Conseil de la concurrence a récemment pris position pour une approche radicalement différente. Selon ce dernier, les services VoIP sont substituables aux communications traditionnelles, entrant donc en concurrence directe avec la téléphonie fixe. Cette divergence d’opinion risque d’entraîner des distorsions sur le marché, notamment avec des offres ADSL intégrant uniquement la VoIP. Bien que l’avis du Conseil soit consultatif, il pourrait influencer la position de l’ART avant qu’elle ne soit présentée à la Commission européenne. Parallèlement, le Groupe des régulateurs européens a décidé de ne pas instaurer de réglementation immédiate pour la VoIP, préférant laisser le marché se développer sans contraintes excessives. Cette situation souligne le dilemme auquel sont confrontées les autorités, oscillant entre protection du marché et encouragement à l’innovation. La VoIP, à l’aube de sa maturité, pourrait bien redéfinir les règles du jeu dans le secteur des télécommunications.

La technologie VoIP, « Voice over Internet Protocol », permet le transport de conversations téléphoniques sur tout réseau numérique ou analogique appliquant le protocole TCP/IP. Bien qu’elle ne compte pour le moment qu’un nombre restreint d’utilisateurs (220 000 en France en février 2005), cette technologie est en pleine expansion et impose de déterminer si elle doit être régulée et soumise aux mêmes obligations que celles applicables à la téléphonie fixe.

Le Conseil de la concurrence préconise une même réglementation VOIP/Téléphonie classique

Dans un avis relatif à l’analyse des marchés pertinents de détail et de gros de la téléphonie fixe, l’Autorité de régulation des Télécommunications (ART), avait considéré qu’il n’était pas nécessaire de soumettre les services de voix sur IP aux mêmes exigences que le reste du secteur de la téléphonie fixe (dispositif de contrôle des tarifs de détail, obligations de sélection du transporteur…).

Pour l’ART, les offres VoIP n’entrent pas en concurrence avec les offres de téléphonie fixe classiques, les premières étant liées à une offre plus large de VoIP associée à un accès internet ou de Triple play (Internet, télévision et VoIP), et diffèrent ainsi de la téléphonie classique.

Le Conseil de la concurrence, consulté pour avis par l’ART, vient de prendre position de manière radicalement différente, dans un avis rendu le 17 février 2005, dans le cadre de la procédure d’analyse des marchés mise en place par le code des postes et communications électroniques.

Il considère, en effet, que les offres VoIP « sont en tout point substituables aux communications traditionnelles et que ces services entrent directement en concurrence avec les offres traditionnelles de téléphonie fixe».

Selon le Conseil, rien ne fait obstacle en pratique à ce qu’une offre ADSL ne comprenne que la VoIP (cf l’offre « ADSL nu » de France Telecom 2005).

En conséquence, le Conseil de la Concurrence considère que cela peut entraîner des distorsions de concurrence.

Son avis n’est que consultatif, mais l’ART devra le prendre en compte et éventuellement modifier sa position avant de la transmettre à la Commission européenne.

Le Groupe des régulateurs européens contre une réglementation dans l’immédiat

Le moins que l’on puisse dire est que le Conseil de la concurrence lance un pavé dans la marre, au moment même où l’Europe renonce à réglementer la VOIP.

En effet, le 11 février dernier, le Groupe des régulateurs européens (ERG), réunissant à Bruxelles les 25 autorités de régulation nationales des Etats membres, a décidé de repousser à plus tard l’introduction d’une réglementation européenne dans le secteur de la téléphonie sur Internet, le temps pour ce marché encore naissant de parvenir à pleine maturité.

Dans une déclaration commune approuvée par la Commission européenne, l’ERG s’engage à laisser le soin aux autorités de régulation nationales de veiller à ce que, dans l’ensemble de l’UE, « le déploiement des nouveaux services basés sur le protocole internet ne soit pas entravé par des obstacles réglementaires ».

Pour plus d’infos

En lisant la l’avis du Conseil de la concurrence

En lisant la la déclaration commune du Groupe des régulateurs européens

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