Précédent

Un réseau social sanctionné pour sa fonction “invite tes contacts”

L’Autorité de Protection des Données (APD) a récemment sanctionné un réseau social pour avoir traité illégalement des données personnelles à travers sa fonctionnalité « invite tes contacts ». En récoltant les informations de contacts, qu’ils soient membres ou non, et en leur envoyant des invitations sans consentement valide, la plateforme a violé les principes du RGPD. Le traitement des données doit obligatoirement reposer sur une base légale, et dans ce cas, le consentement était inapproprié, notamment en raison d’options précochées qui altéraient la liberté de choix des utilisateurs. L’APD a imposé une amende de 50.000 euros au réseau social, qui a depuis supprimé cette fonction controversée. Cette décision envoie un message fort aux autres acteurs du secteur, soulignant l’importance cruciale du respect des règles de protection des données. De plus, compte tenu du caractère transfrontalier des opérations de la plateforme, l’APD a collaboré avec 23 autorités européennes pour s’assurer que la décision prenne en compte les préoccupations de chaque pays impliqué. Cela illustre non seulement l’engagement de la Belgique en matière de protection des données, mais aussi une volonté de renforcer la conformité au niveau international. En somme, cette affaire met en lumière les enjeux de la gestion des données personnelles sur les réseaux sociaux et la nécessité d’un consentement clair et éclairé.

Pour l’APD cette décision est un signal aux autres sites et applications de réseau sociaux qui recourraient à des procédés similaires : les organisations ne peuvent pas traiter les données personnelles sans une base légale valide.

La fonction « invite tes contacts » au réseau social

Le comité de direction de l’APD a saisi le Service d’Inspection pour se pencher sur une fonction offerte par un réseau social permettant à ses membres d’inviter des contacts (qu’ils soient eux-mêmes déjà membres ou non) sur la plateforme. Pour ce faire, le réseau social, d’une part, récoltait et stockait des données relatives aux contacts, et d’autre part, envoyait des invitations aux personnes ajoutées par l’utilisateur.

Absence de base légale valable et non-respect des conditions du consentement

Un traitement de données à caractère personnel, pour être licite, doit reposer sur l’une des six bases légales prévues par le RGPD, l’une de celles-ci est le consentement.

Afin de stocker les informations des contacts, ainsi que leur envoyer une invitation, le réseau social reposait sur le consentement de l’utilisateur-membre qui lui permettait d’importer ces données, or un consentement doit être donné par la personne concernée (sauf exceptions, comme par exemple dans le cas d’un mineur d’âge). Le réseau, en stockant les données de non-membres du réseau et en leur envoyant des invitations, traitait donc des données sans base légale valable.

De plus, au début du dossier, l’utilisateur-membre était confronté à des options précochées lors du processus d’ajout de contacts, dans le sens où ses contacts étaient présélectionnés. Cette pratique, même si elle a été modifiée par la suite par le défendeur, était contraire aux conditions du consentement au sens du RGPD, celui-ci doit notamment être libre, et constituer un acte positif et univoque : la personne doit donc elle-même cocher les cases souhaitées. Durant la période pendant laquelle les destinataires étaient présélectionnés, le consentement de l’utilisateur-membre du réseau qui souhaitait inviter ses contacts n’était donc pas non plus valable.

L’APD a décidé, pour ces raisons, d’imposer au réseau social une amende administrative de 50.000 euros. Entretemps, la fonction d’invitation des contacts a été supprimée par le réseau social.

Une décision à caractère international

Vu le caractère transfrontalier des traitements sur le site web et l’application du défendeur, et en vertu de l’article 56 du RGPD, l’APD a contacté ses homologues européens et s’est proposée comme autorité chef de file sur le dossier. 23 autorités de contrôle européennes (de 16 pays différents) se sont déclarées concernées.

Ce processus de collaboration a permis d’émettre une décision prenant en compte les commentaires de chaque pays concerné, et qui participe à un meilleur respect des règles en matière de protection des données non seulement en Belgique, mais aussi à l’international.

Selon la presse, le réseau concerné est https://www.twoo.com/, établi à Gand, d’où la compétence de l’autorité belge.

Vous avez besoin d'un avis personnalisé
ou d'une aide juridique ?

Contactez-nous
Droit & Technologies
close

Ce site n'utilise que des cookies strictement nécessaires à son fonctionnement, qui ne nécessitent pas de consentement de votre part. Bonne visite.

OK