Ses contributions sur Droit & Technologies

Pénal

Les détenus peuvent-ils exiger un accès à Internet ?

La détention prive les individus de nombreux droits, mais l’État doit trouver un équilibre afin de ne pas les priver complètement de leurs libertés fondamentales. Ce dilemme est au cœur d’une décision récente de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) concernant l’accès à Internet pour les détenus. Le cas concerne un avocat turc, M. Demir, placé en détention provisoire pour des accusations liées au terrorisme. Dans sa quête d’informations juridiques pour préparer sa défense, il avait demandé l’accès à des sites web de juridictions supérieures, mais sa demande a été rejetée, tant par l’administration pénitentiaire que par les tribunaux. La CEDH souligne que, bien qu’il existe des restrictions dans le milieu carcéral, l’accès à Internet est essentiel pour recevoir des informations et peut contribuer à la réhabilitation. Bien que la législation turque prévoit un accès à Internet pour des buts de formation, le rejet de la demande de M. Demir s’est avéré insuffisamment justifié. La Cour a noté que les autorités n’ont pas démontré pourquoi son accès à ces sites spécifiques constituait un risque pour la sécurité, d’autant plus que ces ressources étaient nécessaires pour son développement professionnel. Les décisions des autorités étaient donc jugées disproportionnées et manquaient d’une analyse approfondie des enjeux de sécurité. Ce cas soulève des questions cruciales sur les droits des détenus et l’importance d’un accès à l’information, même en prison.

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Pénal

Espionner les mails de son conjoint peut constituer un acte de violence conjugale

Une ressortissante roumaine a déposé plusieurs plaintes contre son ex-mari pour violences domestiques, des menaces de mort et des violations de sa vie privée. Malgré un certificat médical attestant de lésions et une ordonnance de protection, les autorités ont qualifié les menaces de son mari de non-infractions, le condamnant seulement à une amende. Ce manque de réaction appropriée des autorités a été critiqué par la Cour, qui a souligné que l’enquête n’avait pas pris en compte la gravité des violences conjugales, comme prévu par la Convention d’Istanbul. En outre, la Cour a élargi la définition de la violence domestique pour inclure la cyberviolence, un aspect souvent négligé qui englobe l’intrusion dans la vie privée numérique de la victime. Elle a statué que surveiller ou accéder sans autorisation aux correspondances d’un partenaire constitue une forme de violence domestique. Ce cas marque une avancée significative dans la reconnaissance des abus psychologiques et informatiques, indiquant que les autorités doivent examiner ces allégations de manière approfondie. La décision de la Cour jette ainsi une lumière nouvelle sur la violence domestique, reconnaissant que celle-ci ne se limite pas à des actes physiques mais englobe aussi des formes insidieuses, comme la cyberviolence. Cela ouvre des perspectives juridiques pour les victimes d’espionnage conjugal, renforçant la nécessité d’une protection et d’une enquête appropriée. Ce jugement est considéré comme l’une des décisions majeures de l’année dans ce domaine.

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Crypto-actifs

Plan d’action pour lutter contre le financement du terrorisme

Le 3 février, un projet de loi visant à renforcer la lutte contre le crime organisé et le terrorisme a été déposé à l’Assemblée Nationale, dans un contexte de menaces croissantes. Cette initiative, présentée en Conseil des ministres, sera discutée en première lecture dès le 1er mars. Le texte se concentre sur le financement du terrorisme, introduisant cinq mesures clés. Premièrement, le gouvernement souhaite interdire le trafic de biens culturels, souvent utilisé par des groupes comme Daesh pour financer leurs activités. Une nouvelle infraction sera créée, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Deuxièmement, la réglementation sur les cartes prépayées sera durcie pour prévenir leur utilisation illicite. Des limitations sur les capacités de chargement et l’obligation de traçabilité des opérations sont envisagées. Troisièmement, Tracfin, l’organisme de lutte contre le blanchiment, pourra solliciter des mesures de vigilance auprès des professionnels concernés. Quatrièmement, son droit de communication sera élargi aux gestionnaires de systèmes de paiement. Enfin, la charge de la preuve en matière de délit douanier de blanchiment sera assouplie, introduisant une présomption sur l’origine illicite des fonds dans certaines opérations. En parallèle, l’Europe élabore un plan d’action pour harmoniser la lutte contre le financement du terrorisme, visant à renforcer les contrôles et à coordonner les efforts entre États membres. Ces mesures s’inscrivent dans une dynamique globale de sécurisation financière face à une menace persistante.

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RGPD & vie privée

Le numérique au cœur des enjeux de l’intelligence économique

L’ère numérique, tout en offrant des opportunités inédites, pose également de sérieux défis en matière d’intelligence économique. Les entreprises et États doivent naviguer dans un environnement où la cybersécurité est constamment menacée par des attaques malveillantes, de l’espionnage numérique et des pratiques douteuses comme les « fishing expeditions ». Pour répondre à ces enjeux, la France a mis en place un nouveau cadre réglementaire, comprenant la création d’un Commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économique (CISSE) et d’un service dédié (SISSE), remplaçant les structures précédentes. Le CISSE, soutenu par un comité directeur réunissant divers ministères, sera chargé de définir les grandes orientations pour protéger les intérêts économiques et scientifiques de la nation. Il veille aussi à la mise en œuvre des politiques liées à la souveraineté numérique et à la lutte contre la corruption. De son côté, le SISSE centralise les informations stratégiques et informe l’État sur les menaces potentielles. La France souhaite renforcer la loi de blocage, qui interdit la divulgation d’informations susceptibles de nuire aux intérêts nationaux, et elle impose des limites strictes aux demandes d’informations dans le cadre de procédures judiciaires internationales. Face à l’augmentation des cyberattaques et à la complexité croissante des réglementations, la protection des données et des intérêts économiques devient cruciale. Ainsi, entreprises et États sont encouragés à collaborer avec des experts en cybersécurité pour anticiper et gérer ces risques.

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RGPD & vie privée

Avant-projet de loi Lemaire : Objectif république numérique !

Le projet de loi pour une République Numérique se structure autour de trois axes majeurs : promouvoir la circulation des données, protéger les individus et garantir un accès numérique équitable. Parmi ses propositions, l’affirmation de la neutralité du Net occupe une place centrale. Ce principe, défendu par des experts comme Lawrence Lessig, stipule que toutes les données doivent être traitées de manière égale sur Internet, sans discrimination. En intégrant ce principe dans le Code des postes et des communications, le législateur vise à assurer la liberté d’accès et de partage des contenus. Le projet introduit aussi une définition de la notion de plateforme, précisant que celles-ci doivent agir avec loyauté et transparence dans leurs relations avec les utilisateurs. Cependant, ce texte soulève des inquiétudes quant à l’impact sur le statut d’intermédiaire technique de certaines plateformes, ce qui pourrait nécessiter une clarification. Enfin, la notion de correspondance privée, bien que déjà présente dans le droit français, est rappelée pour renforcer le respect du secret des communications. Néanmoins, l’absence d’une définition claire de cette notion dans le projet pourrait engendrer des ambiguïtés juridiques. En somme, bien que ce projet de loi affiche des ambitions louables pour le numérique en France, il nécessite des précisions et des ajustements pour garantir son efficacité et sa cohérence. La consultation publique a déjà suscité un vif intérêt, avec des milliers de contributions et de votes, témoignant d’un besoin d’engagement citoyen dans ce débat crucial. (246 mots)

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RGPD & vie privée

Objets connectés : comment lutter contre la fraude au président ?

L’arnaque au « faux patron » représente une menace croissante pour les entreprises, où des escrocs se font passer pour des dirigeants en congé ou en déplacement, incitant des employés, souvent des comptables, à effectuer des virements vers des comptes étrangers sous prétexte d’opérations confidentielles. Cette méthode d’escroquerie, définie par l’article 313-1 du Code pénal, peut entraîner des peines sévères, allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende. Les pertes engendrées par ce type d’arnaque s’élèvent à plus de 250 millions d’euros depuis 2010, touchant de grandes entreprises comme Michelin et Intermarché, qui ont perdu respectivement 1,6 et 15 millions d’euros. Pour contrer cette menace, les banques innovent avec des outils de sécurité avancés. Par exemple, la Banque Populaire a lancé une application pour montre connectée permettant aux dirigeants de surveiller en temps réel les flux financiers et d’approuver ou refuser des transactions. Cette solution offre une visibilité sur le pays de destination des virements, renforçant ainsi la vigilance contre les fraudes. Au niveau européen, plusieurs initiatives législatives, telles que la deuxième directive sur les services de paiement (DSP2), visent à renforcer la sécurité des transactions. Ces mesures incluent des obligations d’authentification forte pour les paiements électroniques, promouvant un environnement numérique sécurisé et digne de confiance pour tous les acteurs économiques.

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Jeux, paris, loteries

Jeux d’argent et de hasard en ligne : la procédure d’agrément est mise à jour

La France a récemment mis à jour son cahier des charges pour les opérateurs de jeux d’argent en ligne, conformément à la directive européenne 98/34/CE. Cette révision, soumise à la Commission Européenne le 4 novembre, vise à garantir la protection des avoirs des joueurs et à faciliter le renouvellement des agréments pour les opérateurs, qui devront être déposés en 2015. Le cahier des charges se divise en deux grandes parties : juridique et technique. La première inclut des informations essentielles sur les opérateurs, allant des données personnelles aux mesures contre le blanchiment d’argent et le jeu excessif. La seconde partie se concentre sur la sécurité des systèmes d’information, incluant des critères pour le logiciel et la plateforme de jeu. Un changement notable est la réduction du nombre d’exemplaires de dossier à soumettre à l’ARJEL, passant de cinq à trois. De plus, la procédure de renouvellement d’agrément a été allégée pour les opérateurs déjà agréés, leur permettant de ne fournir que les informations essentielles, à condition de tenir à jour les données nécessaires. Les opérateurs sont donc invités à rester vigilants et rigoureux dans la mise à jour de leurs informations pour éviter des complications lors de cette procédure. Les États membres et la Commission ont jusqu’au 5 février 2015 pour donner leur avis sur ces modifications, marquant une étape importante dans la régulation des jeux en ligne en France.

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