Cynthia Delronge
Ecrivez lui : cynthia.delronge@ulys.net
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Publié le 11/02/2021
La détention prive les individus de nombreux droits, mais l’État doit trouver un équilibre afin de ne pas les priver complètement de leurs libertés fondamentales. Ce dilemme est au cœur d’une décision récente de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) concernant l’accès à Internet pour les détenus. Le cas concerne un avocat turc, M. Demir, placé en détention provisoire pour des accusations liées au terrorisme. Dans sa quête d’informations juridiques pour préparer sa défense, il avait demandé l’accès à des sites web de juridictions supérieures, mais sa demande a été rejetée, tant par l’administration pénitentiaire que par les tribunaux. La CEDH souligne que, bien qu’il existe des restrictions dans le milieu carcéral, l’accès à Internet est essentiel pour recevoir des informations et peut contribuer à la réhabilitation. Bien que la législation turque prévoit un accès à Internet pour des buts de formation, le rejet de la demande de M. Demir s’est avéré insuffisamment justifié. La Cour a noté que les autorités n’ont pas démontré pourquoi son accès à ces sites spécifiques constituait un risque pour la sécurité, d’autant plus que ces ressources étaient nécessaires pour son développement professionnel. Les décisions des autorités étaient donc jugées disproportionnées et manquaient d’une analyse approfondie des enjeux de sécurité. Ce cas soulève des questions cruciales sur les droits des détenus et l’importance d’un accès à l’information, même en prison.
Publié le 25/01/2021
Une ressortissante roumaine a déposé plusieurs plaintes contre son ex-mari pour violences domestiques, des menaces de mort et des violations de sa vie privée. Malgré un certificat médical attestant de lésions et une ordonnance de protection, les autorités ont qualifié les menaces de son mari de non-infractions, le condamnant seulement à une amende. Ce manque de réaction appropriée des autorités a été critiqué par la Cour, qui a souligné que l’enquête n’avait pas pris en compte la gravité des violences conjugales, comme prévu par la Convention d’Istanbul. En outre, la Cour a élargi la définition de la violence domestique pour inclure la cyberviolence, un aspect souvent négligé qui englobe l’intrusion dans la vie privée numérique de la victime. Elle a statué que surveiller ou accéder sans autorisation aux correspondances d’un partenaire constitue une forme de violence domestique. Ce cas marque une avancée significative dans la reconnaissance des abus psychologiques et informatiques, indiquant que les autorités doivent examiner ces allégations de manière approfondie. La décision de la Cour jette ainsi une lumière nouvelle sur la violence domestique, reconnaissant que celle-ci ne se limite pas à des actes physiques mais englobe aussi des formes insidieuses, comme la cyberviolence. Cela ouvre des perspectives juridiques pour les victimes d’espionnage conjugal, renforçant la nécessité d’une protection et d’une enquête appropriée. Ce jugement est considéré comme l’une des décisions majeures de l’année dans ce domaine.
Publié le 19/12/2018
Le Code des communications électroniques européen, qui résulte d’une initiative de la Commission européenne en 2016, promet de transformer en profondeur le paysage numérique de l’Union d’ici 2025. Avec des objectifs ambitieux, il aspire à garantir une connexion ultrarapide pour tous les acteurs socioéconomiques et à offrir à chaque ménage un accès à internet à 100 Mbps, tout en assurant une couverture 5G dans les zones urbaines et le long des grands axes de transport. Les modifications apportées au Code s’articulent autour de plusieurs axes clés. D’une part, il réaffirme la nécessité d’un accès à une connectivité de haute capacité, en mettant à jour la définition des services de communications pour mieux s’adapter aux évolutions du marché. D’autre part, il introduit des changements dans la gouvernance, notamment en ce qui concerne les procédures d’autorisation. Le Code modernise également le régime de service universel, en se focalisant sur le haut débit comme service de base, tout en laissant aux États membres la possibilité d’élargir l’accès aux services mobiles pour les populations vulnérables. Enfin, l’ORECE, organe de régulation, voit ses pouvoirs renforcés pour garantir une mise en œuvre cohérente des règles. Cette nouvelle législation vise à stimuler le marché des télécommunications, à encourager l’innovation et à assurer que tous les citoyens européens bénéficient d’une connectivité de qualité, essentielle dans un monde de plus en plus numérique.