Du Pape à Facebook : tous unis contre les fake news !

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Le Pape François va consacrer la journée mondiale de la communication au phénomène des fausses nouvelles. Facebook s’offre des pleines pages de publicité dans la presse, pour aider le public à détecter les fausses informations. Le monde n’en peut plus des fake news.

Les fake news

Le mensonge est aussi ancien que l’être humain.

Les fake news (diffusion volontaire d’informations délibérément fausses) ne datent pas non plus d’hier.

L’histoire regorge de manipulations, mensonges, campagnes de propagande et autre faux, commis par des Etats, des médias, des personnes physiques ou morales, dans le but d’induire en erreur le destinataire de l’information et l’amener à penser ou agir dans un sens déterminé.

Ce qui est nouveau, par contre, c’est l’ampleur du phénomène.

Les fake news et Internet

Il y a naturellement de nombreuses causes à la recrudescence des fake news, mais il faut être particulièrement aveugle pour ne pas percevoir le rôle joué par Internet.

Notamment :

La caisse de résonance d’Internet et des réseaux sociaux en particulier. Tout diffuseur d’information trouve dans Internet, et les réseaux sociaux en particulier, une formidable caisse de résonance. Les like, partages et autres liens permettent de créer une viralité sans précédent. Il devient tellement simple de faire le buzz.

La disparition de l’intermédiation médiatique. Nous appelons « intermédiation médiatique » le rôle joué traditionnellement par les médias : l’information leur parvient, ils la sélectionnent, la vérifient, la digèrent avant de la rediffuser. Internet a remis en cause cette fonction au profit d’un contact direct entre les internautes. Les réseaux sociaux en sont l’exemple parfait : ils permettent à tout citoyen dans le monde, muni d’un téléphone portable, de se transformer en reporter. La tentation est grande “d’aménager le message” pour qu’il ait plus de succès (fake news) ; tout comme le risque est grand, puisqu’informer est un métier, de diffuser un message inadéquat.

L’anonymat et les pseudos. Lorsqu’un média est pris la main dans le sac pour avoir diffusé (volontairement ou non) une fausse information,  il joue sa réputation puisqu’il agit sous son nom. Lorsqu’un citoyen ou un groupe de personnes fait la même chose de façon anonyme ou sous un pseudo, il n’y a plus le frein naturel que représente l’identification de l’auteur de la fausse nouvelle.

L’envie du pouvoir. Lorsque les éléments qui précèdent sont compris par quelqu’un qui souhaite accéder au pouvoir ou s’y maintenir, on a toutes les caractéristiques de la dictature numérique. Donald Trump est un bon exemple. Sa dépendance à Twitter n’est rien d’autre qu’une stratégie de communication mise en place afin de contrôler ce que les internautes lisent, et de les influencer. Ayant mis sur la touche les filtres démocratiques habituels (dont les médias font partie), il distille sans contrôle ni filet ce qu’il souhaite que le peuple lise à son sujet. Et comme les enjeux sont énormes, le risque de manipulation l’est aussi.

Les risques liés aux fake news

Les risques sont si nombreux que nous ne pouvons pas les aborder tous.

Schématiquement nous dirons que :

a) Il y a le risque ponctuel lié à chaque fausse nouvelle en particulier. Exemple : si une fausse nouvelle annonce un accident dans une centrale nucléaire, le risque est que la population locale panique et que des accidents surviennent en raison de la panique.

b) Il y a le risque général lié à la diminution du niveau de confiance que la population place dans certains acteurs clés de la démocratie. On peut aimer ou non l’État, les médias, les corps constitués et toutes ces organisations de droit privé ou public qui jouent un rôle significatif dans notre société, mais on ne peut pas nier que notre démocratie est en partie fondée sur l’équilibre résultant de l’interaction permanente entre ces acteurs. Les fausses nouvelles sapent la confiance que le publique place dans ces acteurs, ce qui fait vaciller l’équilibre. Le succès des mouvements populistes, nationalistes et des extrêmes (de droite comme de gauche) est probablement en partie lié à cette méfiance qui s’installe.

c) Il y a enfin le risque spécifique pour certains acteurs. Facebook en a marre d’être montré du doigt, tout comme Twitter. Ils se fichent pas mal qu’Untel tire profit des fausses nouvelles ; ce qui les dérange, c’est qu’on les montre du doigt à chaque fois. Cela finit par être mauvais pour les affaires…

De tous côtés, le monde s’agite

L’Eglise catholique n’est a priori pas la structure à laquelle on pense en premier lorsqu’on analyse le phénomène des fake news sur Internet. Pourtant, le pape François lui-même s’inquiète du phénomène, au point de consacrer la prochaine journée mondiale de la communication à la lutte contre les fake news. Il veut, dit-il, « promouvoir un journalisme professionnel, qui cherche toujours la vérité, et donc un journalisme de paix qui favorise la compréhension entre les personnes ». Traduction : si on ne fait rien, c’est la paix qui pourrait disparaître.

Les gouvernements aussi s’agitent. Surtout en Europe. Ils le font à leur manière, via une menace de réglementation qui vise spécifiquement les intermédiaires techniques. Puisqu’il n’est pas possible de contrôler les messages lors de leur mise en ligne, les Etats veulent avoir la possibilité d’imposer aux intermédiaires situés sur leur territoire, de prendre des mesures pour retirer certaines informations jugées néfastes.

Et puis, il y a Facebook. La société s’offre cette semaine dans plusieurs médias, une pleine page de publicité au titre explicite : « Conseils pour identifier les fausses informations. Ensemble, nous pouvons limiter la propagation des fausses informations. »

Pour détecter les fausses informations, le réseau social conseille ce qui suit :

  1. Méfiez-vous des titres.
  2. Examinez attentivement l’URL.
  3. Renseignez-vous sur la source.
  4. Faites attention au format inhabituel.
  5. Tenez compte des photos.
  6. Vérifier les dates.
  7. Vérifier des preuves apportées.
  8. Consulter d’autres articles.
  9. L’actualité est-elle un canular ou une blague.
  10. Certains articles sont volontairement parodiques.

Droit & Technologies

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