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L’exception de copie privée n’est pas un droit au soutien d’une action en justice à titre principal.

19/01/2009Lu par 2005 visiteur(s)0 vote(s)

Thème(s) : Protection du consommateur et pratiques du commerce
Tag(s) : commerce électronique, consommateur, copie privée
Annexe(s) : Arrêt de la cour de cassation (12 KB)

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Dans un arrêt du 19 juin 2008, la Cour de Cassation a confirmé l'arrêt d'appel selon lequel la copie privée n'est qu'une exception, et non un droit permettant d'introduire une action à titre principal.

Dans cette affaire, un particulier avait assigné les producteurs d’un film parce qu’il n’avait pu faire une copie sur VHS du DVD qu’il avait acheté en raison d’un dispositif anti-copie. La Cour d’Appel de Paris, le 4 avril 2007, a rejeté sa prétention au motif que l’exception de copie privée prévue à l’article L122-5 du code de la propriété intellectuelle ne constitue pas un droit, mais bien une exception à l’interdiction de reproduire une œuvre protégée.

Des faits similaires ont abouti à une action intentée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir contre la FNAC et Warner. Un consommateur n’avait pu écouter sur son ordinateur un disque acheté à la FNAC et dont le producteur est la Warner, en raison là encore d’un dispositif anti-copie. L’association a intenté une action en son nom, arguant d’une part que l’impossibilité de lire un CD sur un ordinateur est constitutive d’un défaut de nature à rendre le produit inapte à sa destination normale, et d’autre part que l’installation de ce type de dispositif anti-copie était incompatible avec l’exception de copie privée.

Rappelons que l’exception de copie privée est une exception légale « au principe de la prohibition de toute reproduction intégrale ou partielle d’une œuvre protégée faite sans le consentement du titulaire de droits d’auteur. »

Le jugement rendu le 10 janvier 2006 accède à la demande du consommateur et condamne la FNAC et la Warner. Toutefois, la Cour d’Appel infirme ce jugement, estimant que l’exception de copie privée n’est donc pas constitutive d’un droit. La Cour de Cassation a confirmé cet arrêt.

Ainsi, l’exception de copie privée est une exception opposable par un défendeur à une action en contrefaçon intentée contre lui, mais ne permet en aucun cas d’intenter une action contre un auteur au motif que l’exception de copie privée n’a pas été respectée, notamment par l’installation sur l’œuvre d’un dispositif anti-copie.

Cet arrêt est donc conforme tant à la jurisprudence antérieure qu’aux textes, et plus particulièrement au principe d’interprétation stricte concernant les exceptions au droit d’auteur.

Attachment(s): Arrêt de la cour de cassation (12 KB)

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Auteur(s) :

murielle cahen
Avocat (CAHEN Murielle)

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